18 déc. 2008

Xiamétra, le colloque ArtmédiaX dans tous les sens.

Martine Salzmann a assisté au Colloque International Artmédia X des 12 et 13 décembre 08. Elle nous propose ici son point de vue sous la forme d’une chronique « Xiamétra, le colloque ArtmédiaX dans tous les sens. ».
« Le 12 et 13 décembre 2008 s'est tenu à Paris, à la BNF et à l'INHA, le colloque "ArtmediaX" sur le thème "Éthique, esthétique, communication technologique ou le destin du sens" organisé par Mario Costa, professeur de l'Université de Salerne et Fred Forest, Professeur émérite de l'Université de Nice. Une trentaine d'intervenants venus d'Italie, des Etats-Unis, d'Espagne ou de France se sont soumis à la règle de vingt minutes de parole en tables de 3 ou 4 orateurs… »
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5 commentaires:

Aude de Kerros a dit…

Merci Martine Salzmann de contribuer à ce niveau élevé au débat. Il avait lieu jusqu'à maintenant en circuit fermé, entre gens qui se congratulent mutuellement. Il était temps de mettre tout cela sur la place publique. Il est temps que les artistes se rendent compte que les universitaires les ont subordonnés et intimidés. Il est vrai qu'ils sont mieux équipés que l'artiste pour devenir des créatifs de discours. N'ont-ils pas transformé leur studio de philosophes en "factory de concepts".
Les colloques de cet automne à Paris ("L'art et l'argent" à Sc Po, "L'Art et le Mécénat à l'Assemblée Nationale et "Ethique et esthétique" à la TGB...etc )laissent apparaître un phénomène tout à fait nouveau. Le public à l'air moins stupéfait par les discours extrêmement créatifs de nos universitaires "arty".
Les questions pleuvaient à la fin: Comment peut-on parler de ces sujets sans faire aucune référence à la remise en cause radicale qu'apporte la crise? Qui est responsable de quoi? L'art et l'argent ? Parlons en, quel est la nature du Financial Art? Quels sont les critères de la valeur?
Les théoriciens de l'AC, pierre angulaire du système, tout dévoués à remplir leur fonction "charitable" qui consiste à destabiliser tout un chacun, ont oublié de se mettre en cause eux mêmes.
Il apparait enfin évident que nos théoriciens vivent comme des fonctionnaires bien au chaud, ayant quelques extras grâce aux discours légitimants de l'AC avec label universitaire et qu'ils ont perdu tout contact avec la réalité.
C'est donc à l'artiste de reprendre son travail si particulier.
Chère Martine, merci d'avoir quitté votre atelier et de nous avoir éclairé sur ce qui s'élucubre dans les studios.
Nous espérons profiter souvent de votre regard perspicace.

grabotte a dit…

Et espérons que de plus en plus d'étudiants viendront prendre goût aux choses du réel en apportant de l'information sur ce qui se passe dans les universités et autres lieux de recherche....délaissant les subtilités de la langue de bois qui ne servent que le maintien des petits pouvoirs en place. Internet le permet! Merci Martine Salzmann de les y encourager.

Michel De Caso a dit…

Oui, on peut remercier Martine Salzmann pour ses réflexions qui tentent de décrypter réellement ce qui se passe en matière culturelle et artistique. Je rebondis brièvement sur son passage suivant : Très inquiétante m'est apparue la foi totale de Vincenzo Cuomo en l'avènement d'un monde technomorphe, au-delà de l'être, fondé sur la programmation et l'instruction, l'esthétique du vide et des champs de vibrations impersonnelles. Cette technique devenue monde entraîne la disparition du symbolique et l'exclusion du sujet comme singularité.
Il n’est que temps en effet d’associer la logique de l’art contemporain autorisé à la généralisation de la techno-science, elle-même pouvant être comprise comme la forme économique la plus adaptée à l’économie de marché. Il n’est pas surprenant que les œuvres d’artistes n’excluant ni le sujet ni le symbolisme soient si difficilement acceptées dans l’Institution culturelle. Dès lors, la pensée critique et les visions singulières n’ont pas leur place.
Nos amis scientifiques les plus éclairés s’accordent à reconnaître que le plus grand ennemi de la science a été le scientisme. Pour nous, le plus grand démolisseur de l’art aura été l’exclusion du sensible au profit du raisonnement discursif. Lorsque ce raisonnement discursif n’est pas lié aux puissances d’argent, il garde encore une certaine légitimation mais quand il n’est là que pour servir de paravent, c’est bien l’art qui en pâtit puisqu’il suffit de pratiquer un art quelconque pour savoir que théorie et pratique artistiques sont indissociables. C’est pour cela que l’art est un domaine à la fois intellectuel et sensible. C’est précisément cela qui rend l’art difficile. Le processus créatif n’est jamais acquis. Il n’y a aucune recette de réussite.

Christine Sourgins a dit…

Juste une réflexion sur de Duve. Comme il a été arrêté dans son exposé on ne peut pas le critiquer sur ce qu'il n'a pas dit et qu'il aurait peut-être dit. On risque là le procès d'intention (dont ces messieurs de l'AC usent et abusent…). L’inconvénient de cet arrêt est que, du coup, on ne peut vraiment rétorquer. Mais déjà, une chose est frappante. De Duve admet un peu vite que les goûts et les couleurs ne se discutent pas. L’historien sait qu’il y a des époques ou des espaces où ces critères fonctionnent. Regardez le début du film de Mizoguchi sur Utamaro. Deux styles de peinture s'affrontent et le vaincu reconnaît si bien que la pratique d'Utamaro est supérieure, qu'il change de maître...

Le geste de Fred commençait comme un enfantillage ou une incorrection et s'est révélé, après la réaction de la salle, comme une sorte de performance artistique : un signe de la révolte des plasticiens contre les rhéteurs. Fred nous a fait de l'art sociologique avec une belle spontanéité !

grabotte a dit…

"De Duve admet un peu vite".. cela fait longtemps que les arguments c'est dépassé pour la critique. On passe, on passe et on trépasse. Forest a fait le clown? Il a bien fait!